L’Edit de Nantes revisité

Publié le 18 mai 2026 à 11:54

Jean-Marie Perinetti vit dans le Nord de la France avec sa femme Christelle et leurs trois filles. Après un parcours d’une dizaine d’années en tant que comédien, metteur en scène, auteur et directeur de théâtre, il a décidé de suivre des cours de théologie pour devenir pasteur.

A l’occasion de la représentation de sa pièce Le Grand écart, ou la révocation de Lady de Nantes au Carré protestant (dans la salle du Petit Temple), Jean-Marie nous fait le plaisir de se présenter et de nous raconter comment il a réussi à conjuguer smartphones, réseaux sociaux, perruques et dragonnades...

Rencontre avec Jean-Marie Perinetti

  • Cher Jean-Marie Perinetti, pouvez-vous vous présenter aux visiteurs du site du Carré protestant ?

Parisien d’origine, j’habite dans le Nord - où le soleil est dans les coeurs - avec mon épouse Christelle et ses trois filles (ce sont un peu les miennes aussi !). J’ai derrière moi un parcours de comédien, metteur en scène, auteur et directeur de théâtre, dont dix ans en Irlande à la tête d’un théâtre de jeunesse (au nord du Connemara, histoire de faire un peu rêver).  

  • Comment est né le projet de la pièce Le Grand écart ou la révocation de Lady de Nantes ?

Le projet est né d’une commande du pasteur Gill Daudé, qui souhaitait toucher le public estival autour de l’histoire du protestantisme. Il est aussi né d’une discussion avec « mes » filles dans la cuisine. Quand je leur ai dit que je travaillais sur le thème de la Révocation de l’édit de Nantes, elles m’ont demandé : « Qu’est-ce qu’elle avait fait de mal, cette Anglaise ? » Elles avaient entendu « Lady » de Nantes et, en tant qu’auteur de théâtre, je ne pouvais pas passer à côté de ce jeu de mots ! 

  • Cette pièce s’adresse-t-elle à tout public ?

Trois fois, oui ! Mes douze personnages parlent à tout le monde et comme tout le monde. La pièce s’adresse autant à celles et ceux qui sont proches du protestantisme, qu’à celles et ceux qui en sont éloignés. Il n’y a pas non plus besoin de connaître l’histoire de France sur le bout des doigts, puisque le personnage principal de la pièce Le Grand écart ou la révocation de Lady de Nantes se charge de nous la raconter...

  • L’humour et la franche rigolade ne font pas partie des traits de personnalité reconnus des protestants... Et pourtant, il semble que ce sont des ingrédients importants de votre spectacle. En quoi l’humour sert-il votre propos ?

Les clichés qui concernent la sévérité et l’austérité protestantes ont la vie dure. Pourtant, en lisant quelques pages de Luther, on serait surpris par son esprit et son humour décapant. L’humour est un ingrédient essentiel de mon travail. Le temps du spectacle, on met de côté ses soucis, on rit des autres, on rit de soi-même, ça ne peut pas faire de mal ! Personnellement, j’ai été nourri au biberon de Molière. Il avait compris que la comédie était un merveilleux moyen pour faire évoluer les esprits. Surtout si c’est pour parler d’intolérance et de tous les sujets qui nous divisent aujourd’hui.

  • Que disent les spectateurs à la fin de votre pièce ? Quels sont les témoignages qui vous ont marqué ?

Les spectateurs de la pièce Le Grand écart ou la révocation de Lady de Nantes me disent souvent, avec les yeux qui brillent et le sourire aux lèvres, que le spectacle les a complètement retournés. J’ai en mémoire le témoignage de cet homme de 72 ans, ému aux larmes par la dernière réplique, ou de celui de ce jeune gars de 25 ans « bluffé », selon ses termes, par l’interprétation des personnages, ou encore des encouragements de cette jeune femme toute à sa joie de découvrir le protestantisme pour la première fois. 

  • Comment conciliez-vous votre foi et votre travail d’artiste ?

A ma grande joie, c’est la vie qui me permet de concilier les deux. En marge de mon travail pour le théâtre, je mène des études de théologie pour devenir pasteur. Je découvre avec bonheur que mes spectacles peuvent être des prolongements du travail pastoral et que cela peut contribuer à redonner un coup de fouet à la vie des communautés (dans le bon sens du terme, hein !). Ce spectacle peut créer des ponts entre des individus qui ne partagent pas les mêmes croyances, ni les mêmes convictions, mais qui se sentent interpellés par quelque chose d’essentiel, voire d’universel. 

  • Avez-vous d’autres projets qui mêlent le théâtre et la foi ?

Oui, je joue également un spectacle intitulé Bartimée, un cri dans la houle. C’est l’histoire d’un jeune pasteur qui en a déjà marre : les gens sont devenus trop exigeants, trop égoïstes, trop râleurs. Il n’y croit plus ! C’est alors que débarque Bartimée, le fameux aveugle de l’évangile de Marc. Avec sa gouaille, Bartimée lui fait faire tout un voyage pour retrouver le sens de l’autre et de la fraternité.

  • Un dernier mot pour définitivement donner envie aux indécis de venir vous voir au Petit Temple du Carré protestant le 18 juin 2026 ?

Ce n'est jamais évident de donner envie à des indécis ! Mais à celles et ceux qui sont « décidés » à vivre quelque chose de nouveau, savoureux et revigorant, je peux dire ceci : venez, car tout est prêt !

Nous remercions Jean-Marie pour ce sympathique échange et nous conseillons aux indécis d’écouter les conseils de ce futur pasteur - actuellement acteur, metteur en scène et auteur de théâtre - qui semble bien décidé à incarner une foi protestante moderne et revigorante.

Don pour soutenir Carré protestant

Soutenir financièrement le projet Carré protestant, c'est participer à la création d'un lieu unique modernisé et multifonctionnel permettant la programmation d’activités cultuelles, culturelles, associatives et grand public.

Une fois sélectionné un montant de base de votre don, vous pourrez ensuite choisir le montant final en fonction du multiple de votre choix (par exemple : pour un don de 50 €, choisir le Don 10 € et le multiple de 5)

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.